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Témoignages

MON ADOLESCENCE AU DEJJ - DE L’EXIL À L’ENGAGEMENT — La Saga
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MON ADOLESCENCE AU DEJJ - DE L’EXIL À L’ENGAGEMENT

👤 Rikki SERFATY - Rikki 🎗️ PIONNIERS 📅 2026

 

MON ADOLESCENCE AU DEJJ

DE L’EXIL À L’ENGAGEMENT

Je lis et relis les différents témoignages, je parcours à nouveau la photothèque du site DEJJ LA SAGA ; tous ces souvenirs me ramènent plus de 60 ans en arrière.

Je revois mon adolescence, une période traversée bien trop rapidement. En 1961, mon père a été assassiné en Algérie, nous laissant tragiquement seuls : ma mère, mes deux frères, ma sœur et moi. L'année suivante, en 1962, j'ai quitté Alger pour arriver à Paris, partageant le sort de tant d'entre nous.

À cause de ce drame, j'ai dû endosser très tôt le costume de chef de famille. Heureusement, en 1965, alors que j’avais 17 ans, j'ai poussé la porte du DEJJ. C'est RIKKI qui m'a accueilli au 19 boulevard Poissonnière. Elle m'a confié, aux côtés des monitrices, Violette et Fernande, un groupe d'UC (Unité Communautaire) qui deviendra plus tard les REDEF (Réseau Éducatif De l’EnFance)

À partir de ce moment, je passais tous mes jeudis et dimanches au mouvement. C’était au grand désespoir de ma mère, car je délaissais un peu mes études ces jours-là, mais cela lui procurait une immense satisfaction car je fréquentais un mouvement de jeunesse juif et communautaire. J'y avais découvert une seconde famille, que j’avais l'impression de connaître depuis toujours ; c'est aussi cela, le miracle du peuple juif.

Je me souviens encore des démarchages, du recrutement, que nous faisions le dimanche matin dans les immeubles de l'est de Paris, afin d'inciter les enfants à participer à nos activités de l'après-midi.

Puis, ce fut l'aventure du BAFA en 1967, dirigé par RIKKI à Fublaines, suivie des stages à Boltigen, à la Tour de Mare, aux Andelys, à Nemours, et jusqu'en Israël. Enfin, sont venues les « COLOS » pour les 13/17 ans – que Bélier appellera plus tard les « Pionniers » – à la Tour de Mare, à Sanguinet dans les Landes, ou encore en Corse.

En replongeant dans mes souvenirs, quel bonheur de revivre ces moments de partage, de chaleur et de joie... malgré les fameux « cinquièmes repas » !

Ils sont bien trop nombreux pour que je puisse citer tous ceux que j'ai croisés alors, et je craindrais de faire des jaloux ou des jalouses. De toute façon, ce ne serait que redondance, tant je suis convaincu que nous avons tous vibré au diapason du même égrégore lors de ces rencontres.

C'est là que j'ai enrichi mes connaissances pédagogiques et culturelles, au sein d'un milieu juif porté par la responsabilité et l'engagement. Cette expérience m'a armé pour affronter les aléas et les grandes étapes de ma vie d'adulte. Ce fut, en somme, une véritable école préparatoire de la vie, et c’est exactement ce que je souhaite à la jeunesse d’aujourd’hui.

Je garde une gratitude immense pour le DEJJ : c’est grâce à lui que j’ai partagé la vie de Marie-Ange, trop tôt disparue, qui m’a laissé le bonheur de deux garçons et de quatre petits-enfants.

C'est aujourd'hui un vrai bonheur de partager ces quelques témoignages, précieux souvenirs de mes différents stages et colos.

Un grand merci à Jean-Claude BENSOUSSAN et Yves ROUAS pour la création de ce site. Longue vie au DEJJ, afin qu'il puisse continuer à faire rayonner et transmettre nos valeurs !

Richard OUKRAT

DEJJ PIONNIERS PARIS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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