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Témoignages

LYON : LA MAICO — La Saga
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LYON : LA MAICO

👤 Edgar GUEDJ - Lynclair Le Visionnaire 🎗️ Centres Communautaires 📅 1963

LYON : LA MAICO

Je suis né à Fès le 22 Novembre 1936 au sein d’une famille de six enfants. Mon frère Ralph compte parmi les fondateurs du DEJJ en France et a œuvré aux côtés de Lynclair dès 1962

Mes frères Samuel (Momy) et Claude sont toujours restés au service du judaïsme, du sionisme, de l’éducation et de la communauté. Claude est devenu Rav et enseigne à l’ECUJE et parfois à l’Espace Francophone d’Ashdod lorsqu'il séjourne en Israël.

Interrogé sur son arrivée au Centre communautaire de Lyon, voici ce que Roger déclare :

« La création de la Maison communautaire de Lyon est une réalisation propre de la communauté juive lyonnaise, naturellement soutenue par le Fonds Social Juif Unifié.

Pour ma part, j'ai développé très tôt la vocation de me consacrer à la communauté juive, tout particulièrement auprès de sa jeunesse, avec l'ambition constante de m'installer en Israël dès que possible.

Dès 1956, Lynclair m'a encouragé à rejoindre un programme de formation destiné aux futurs éducateurs de la diaspora. Ce cursus de dix-huit mois, dispensé à Jérusalem par le Département de la jeunesse de l'Agence juive (Mahleket HaNoar VeHaHalutz), visait à former des cadres pour la jeunesse juive à travers le monde. À mon retour à Casablanca, j'ai immédiatement rejoint les Éclaireuses et Éclaireurs Israélites (EI) ainsi que le DEJJ, où j'ai pris la responsabilité de plusieurs activités. »

En 1963, j'ai pris connaissance d'un projet, parrainé par le Fonds Social Juif Unifié, l’American jewish joint distribution committee, et l'Université Hébraïque de Jérusalem et destiné à former des directeurs de centres communautaires juifs européens.

J’ai sauté sur l’occasion ; cette formation organisée pour la première fois s’est déroulée en Israël, à Jérusalem, dans le cadre de l'Université hébraïque sous la direction d'un spécialiste américain, lui-même directeur d’un grand centre communautaire juif de Boston.

C'était un spécialiste du fonctionnement et de l’animation des centres communautaires. Les études ont duré un an en Israël, suivies d’un stage de trois mois de travaux pratique en France. Lyon a été choisi pour ce projet comme centre communautaire pilote. Après Israël, donc nous avons atterri à Lyon pour la partie des travaux pratiques.

À cette époque, la maison, communautaire de Lyon était dirigé par un jeune Israëlien brillant en soi, mais malheureusement pour des raisons inconnues encore à ce jour, il s’est suicidé dans les locaux de la maison communautaire. Il s’appelait Tzvi

La communauté donc se trouvait face un problème l’absence d’un directeur. Les dirigeants communautaires locaux se toutefois rendu compte qu’ils avaient sous la main une douzaine de candidats potentiels, de futurs directeurs de centres communautaires pour l'Europe et donc pour la France évidemment.

La communauté a décidé de choisir l’un d'entre nous pour prendre la direction de la Maison communautaire lyonnaise. Après différents interviews menés par un comité de sélection, dirigé par le président du Consistoire régional, Jacques Dreyfusᶻˡ, j'ai été choisi.

J'ai occupé ce poste de Directeur de la maison communautaire, de Lyon durant sept ans jusqu'à mon alya en 1972

L'action de la maison communautaire

Dès mes débuts, je me suis rendu compte que la Maison communautaire qu'on appelait couramment « la Maico » 3, rue de Turenne, servait en grande partie aux réunions des différentes associations lyonnaises : Comité des dames, WIZO, association des anciens combattants, Maccabi, UEJF, etc. Depuis sa création la Maison communautaire juive de Lyon accueillait les classes de l’école juive de Lyon créée par le Grand Rabbin régional Jean Kling 

L’éducation juive des enfants et adolescents n'étaient pas ou très peu prise en compte.

Cette situation était pour moi évidemment impensable, il fallait absolument reconsidérer l'utilisation et le fonctionnement de cet établissement.

En premier lieu me rapprocher des différents centres communautaires de France, celui de Paris, Dijon, Toulouse, Marseille, Montpellier…Une coordination avait été mis en place par le FSJU.

Les missions de cette coordination nationale consistaient en l'échange d'expériences et de propositions de programmes en commun, le développement des relations avec les communautés locales, l'organisation de séminaires d'études juives, l'organisation de stages de formation d'animateurs.

Désormais sa vocation changeait : organiser des conférences, des cours d’hébreu moderne (avec Tzvi Elsas et Yossi Cohen), des sorties, des loisirs, susciter des cercles d’études, prendre l’initiative de confrontations entre les cultures juive, française et israélienne, etc... Nous n’étions ni en concurrence avec les mouvements de jeunesse ni avec les organisations juives et les synagogues.

Esther Abitbolzl était arrivée à Lyon en octobre 62 pour implanter le DEJJ. Elle avait recruté et formé de nombreux cadres pour les groupes des REDEF et de la JAC. En qualité de directeur de la Maico, j'ai favorisé l'implantation du DEJJ au sein de la Maico et l'utilisation des locaux non seulement au DEJJ mais aussi à l'UEJF.

Avec Camille Azoulayzl ,,née Ejzenberg ,ma secrétaire, nous avons créé une antenne du STE – Service Technique pour l'Éducation- pour la diffusion des livres de prières notamment les mahzorim pour les fêtes, haggadot de Pessah, livres d'apprentissage de l'hébreu, ouvrages sur l'histoire juive, la Shoa, l’antisémitisme, le sionisme et Israël.

Avec l’économe, Monsieur Naman, nous avons implanté un restaurant universitaire au sein de la Maico qui a contribué à une plus grande fréquentation des étudiants, notamment ceux originaires de Roanne, Annecy, Valence, Saint-Etienne.

Durant sept ans, la Maico a accueilli de nombreux et prestigieux conférenciers : Elie Wiesel, Saül Frielander, Armand Abecassis, le célèbre « Rabbin chantant » Shlomo Carlebach, ou encore le recteur de la Grande mosquée de Paris Si Hamza Boubakeur ou le célèbre chef cuisinier Raymond Oliver. Au fil des années, la Maico est devenu le lieu de vie et de rencontres de toute la Communauté.

Dans cette mission, j’ai été aidé par des animateurs bénévoles : Guy Azoulay, Paul Bensadoun, Lucien Attias, et bien d’autres.

En Février 1972, le Centre Communautaire fonctionnait à plein régime et à la surprise générale de la communauté, mon épouse et moi avons décidé de faire notre alyah avec nos trois filles nées à Lyon.

Le centre communautaire au fil des années ne répondait plus aux normes de sécurité. La mise en conformité nécessitait un investissement très important. Le FSJU a décidé de le vendre en 1984.Le produit de la vente a servi à rembourser le prêt, intérêts et dettes contractés par l’école juive de Lyon, rue Alexandre Boutin. Aujourd’hui en 2026, notre « Maico » est devenue une résidence pour étudiants.

Roger SULTAN

Directeur du Centre communautaire de Lyon

1963- 1972

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