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LE DEJJ À MARTIN BUBER : L’AUTRE RIVE DE LA JEUNESSE JUIVE Par Jean-Luc Allouche — La Saga
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LE DEJJ À MARTIN BUBER : L’AUTRE RIVE DE LA JEUNESSE JUIVE Par Jean-Luc Allouche

👤 Edgar GUEDJ - Lynclair Le Visionnaire 📍 Paris 🏷️ Autres 🎗️ JAC 📅 1971

LE DEJJ À MARTIN BUBER :

L’AUTRE RIVE DE LA JEUNESSE JUIVE

Par Jean-Luc Allouche

Débarqués dans une France que, pour la plupart, ils ne connaissaient guère, les juifs « rapatriés » d’Algérie, mais aussi du Maroc et de Tunisie, se sont attelés à la tâche de leur rebâtir leur vie – souvent à partir de rien. Leurs enfants, ma génération, un peu déboussolés, étaient livrés à eux-mêmes, alors qu’en Afrique du Nord ils étaient encadrés par les mouvements de jeunesse, le Talmud-Thora ou, simplement, la famille élargie, les copains.

Un nom revenait souvent parmi les jeunes de mon âge : le DEJJ. Des initiales mystérieuses, qui semblaient exotiques devant les Bné Akiva, Dror, Bétar, Hachomer Hatsaïr ou même l’autre acronyme : EIF. Un point d’ancrage s’offrait à eux : 19, boulevard Poissonnière, comme en témoigne ici-même Shmuel Trigano.

« Je vais au DEJJ », cette affirmation dégageait le parfum un rien prestigieux du nouveau-venu dans la galaxie de la communauté en train de se construire. Pour ma part, j’ai rejoint Tikvaténou, la branche aînée du Bné Akiva, qui n’a pas peu fait pour faciliter notre insertion en France et la création de nouvelles communautés en banlieue et en province.

Après quelques années passées en Israël comme étudiant, je suis revenu à Paris en 1971, à 22 ans, marié et mon fils aîné en route. Sans un sou, je devais poursuivre mes études tout en assurant mon gagne-pain. Mon beau-frère, Victor Malka, m’a fait rencontrer Edmond Elalouf. Ce dernier m’avait aussitôt proposé le poste de directeur du foyer Martin-Buber, 110 rue Vieille-du-Temple. Je n’étais pas dénué de quelque savoir-faire dans l’animation d’un groupe de jeunes, grâce à mon expérience de cadre à Tikvaténou (et de très jeune professeur de Talmud-Thora au Kremlin-Bicêtre, ma communauté).

Tout de même… Pendant nos réunions du samedi à Buber, j’avais affaire à des membres parfois plus âgés que moi. Vaille que vaille, je m’en suis plus ou moins bien tiré dans ce somptueux appartement d’un hôtel du XVIIe siècle.

En semaine, je travaillais au siège, bd Poissonnière. Là, je partageais un bureau avec Yves Rouas, boute-en-train (je le revois chanter en grattant sur sa guitare : ‘Am Israël Torat Israël, Erets Israël), Richard Cohen (de mémoire bénie) et sa délicieuse épouse, « Dollar » Uzan à l’humour pince-sans-rire, mes collègues animateurs des autres foyers parisiens. Dès cette époque, je m’essayais à « torcher » des piges pour la presse juive. Je ne révélerai pas ici lequel de mes trois collègues se montra le moins dubitatif sur mes ambitions journalistiques (mais il se reconnaîtra).

Et puis, je plongeais dans le chaudron magique du mouvement avec son druide incontesté : Lynclair, que tous approchaient avec une admiration absolue. Sa naissance à Sétif, dans mon département natal de Constantine, me facilita les choses pour m’acclimater à ce groupe dont tous les piliers venaient du Maroc. Bonheur complété par la présence de « Boulette » (Georges Fhal) et de « Belette » (Jacques Bakouche), deux hauts responsables des EI de Constantine à l’époque où j’étais louveteau. Je fis aussi connaissance de Maddy, l’indispensable Rikki, « Bélier », Joseph-Jo Bengio, « Berger » de son totem, Maurice Arama (auquel me lie encore une amitié jamais démentie jusqu’à ce jour), Théo Klein (avec lequel j’ai entretenu longtemps un rapport étroit), Claude Laloum, et j’en oublie d’autres non moins méritants (qu’ils pardonnent ma mémoire usée par les ans) … Une fraternité exceptionnelle régnait parmi tous ces cadres, que seule une formation scoute pouvait expliquer. Je venais ainsi de retrouver ma famille d’origine.

Plus tard, comme rédacteur en chef adjoint à l’Arche, j’eus l’occasion de collaborer étroitement avec Edgard Guedj : jamais, il ne s’est départi d’une autorité souriante et d’une écoute bienveillante. Pour ma part, passée la révérence à son égard pendant mon travail au DEJJ, j’osais lui suggérer des initiatives qu’il acceptait toujours de bon gré, non sans piper sa bouffarde légendaire.

Depuis, je n’ai pas eu à rougir de ma « carrière » (qui prouve que mon culot de pigiste n’aura pas été vain) mais je n’ai jamais oublié l’accueil amical du DEJJ et de ses cadres. Ils m’ont offert un tremplin dont je les remercie aujourd’hui, ici.

Comme disent les Pirké Avot :

אל תפרוש מן הצבור

« Ne te sépare pas de ta communauté ! »

Non seulement le DEJJ n’a-t-il pas négligé les juifs égarés par le déracinement, mais il a allumé le brandon de leur reconstruction en tant que juifs et citoyens fiers.

Jean-Luc ALLOUCHE

Ancien éditeur de littérature générale et rédacteur en chef à Libération, traducteur de l’hébreu et écrivain.

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