De Casablanca à Jérusalem, un parcours vers l'autre
Salomon Abitbol née le 4\1\1933 à Casablanca, au Maroc, fils aîné d’Amram et Tamar Abitbol, originaires de Fès. Il grandit dans une famille profondément attachée à ses racines.
Dès son adolescence, il rejoint les Éclaireurs Israélites de Casablanca. Rapidement, il se distingue par son sens de l’organisation, son élégance, ses grands pas en avant et sa vision. Il se fait totémisé Autruche. Chef de troupe, observateur rigoureux et explorateur dans l’âme, il guide les jeunes avec détermination et enthousiasme.
C’est dans ce cadre qu’il rencontre Esther, celle qui deviendra son grand amour. Leur histoire commence par une phrase restée célèbre : « Je ne t’ai point aimé, cruel ».
Après leur mariage, en 1960, Salomon et Esther quittent le Maroc pour la France. Ils débutent une nouvelle vie en travaillant à la Maison d’Enfants Taverni. Deux ans plus tard, il prend la direction de la Maison des Jeunes à Saint-Fons, où avec sa passion pour l'histoire de Juifs de ST Fons il fait renaître une communauté juive en sommeil, frappant aux portes et rassemblant les familles.
En 1977 un nouveau chapitre s’ouvre : la famille Abitbol fait son Aliyah en Israël avec ses cinq enfants. Salomon prend alors la direction du Matnas de Netivot, poursuivant son engagement pour la vie communautaire. En 1990 il effectue une shli’hout en France, au Dejj de Paris auprès de la jeunesse juive, avant de revenir en Israël pour diriger le Matnas de Beit She’an.
À la retraite, il ne ralentit pas : il se forme comme guide touristique à l’Université Hébraïque de Jérusalem. Animé par la passion, il parcourt le pays, rédige des dossiers sur l’histoire de Jérusalem et d’Israël, accompagne des voyages de mémoire en Pologne et guide des lycéens lyonnais.
Installé d’abord à Beit Shemesh, puis à Jérusalem, il continue de voyager, de raconter et de partager, toujours entouré d'Esther son grand Amour, de la famille et d’amis.
En 2003 lors de la mort tragique de leur fils Manu, malgré la douleur immense, Salomon trouva les forces nécessaires pour sortir du voile de la tristesse et continuer le parcours vers l'autre, chacun et ensemble dans la passion qui les animait.
Ainsi, avec optimisme, foi et amour, Salomon et Esther vécurent inséparablement jusqu'au dernier jour.
Ruth BENGIO
DEJJ LYON : début de la Saga à Lyon
Quelques extraits du livre "Esther et Salomon Une vie d'ensemble." De Daniel Haik
A la suite de la décision de Lynclair de décentraliser les activités du FSJU et en particulier du DEJJ, Esther et Salomon s’installent en septembre 1962, peu avant les fêtes de Tichri, À Lyon. Leur ordre de mission est clair : Salomon sera chargé de la direction du centre communautaire de St Fons qui est appelé la « Maison des Jeunes » tandis qu’Esther, elle, dirigera la cellule Lyonnaise du DEJJ.
TEMOIGNAGE DE SALOMON :
"Nous avions commencé de rien. D’ailleurs le grand rabbin de Lyon, le grand rabbin Jean Kling était très pessimiste quant aux chances de relancer les activités dans ce centre communautaire. Il nous l’avait dit lorsque nous étions allés le voir avec Esther peu après notre arrivée. Mais nous nous sommes attelés à la tâche
Ma première tâche fut de me familiariser avec les membres de cette communauté. Le président, Prosper Abou me remit d'emblée la liste des membres de la communauté et m'a demandé de parcourir St Fons pour faire plus ample connaissance avec chaque famille juive. J'ai donc pris mon bâton de pèlerin et je suis parti à la découverte des Juifs de cette ville.»